Doublé d’Alexandre Giroud sur le Dakar en quad : « Je suis très heureux, je ne sais plus quoi demander »

Rédigé le 24/01/2023

Il aura fait vibrer toute un région, tout un pays, en ce début d’année.

Le 15 janvier dernier, Alexandre Giroud a remporté un deuxième Dakar en quad. Son deuxième consécutif. Seul Alejandro Patronelli avait réussi cet exploit en 2011 et 2012. A son retour en France, le pilote isérois s’est confié au micro de Radio ISA.

Vous êtes de retour depuis quelques jours seulement. Comment vous sentez-vous après votre incroyable performance ?

Je suis très heureux, je pense que c’est le mot. Pouvoir en gagner deux, et deux de suite, je ne sais plus quoi demander. Ça concrétise aussi le travail de toute une année, le mien bien sûr, mais aussi celui de toute une équipe qui m’accompagne. Je suis très content pour eux, mais aussi pour ma famille et mes amis.

Ce Dakar était votre septième, et pourtant, peut-être le plus dur que vous ayez connu ? 

Il a été dur car déjà il y avait deux jours supplémentaires, beaucoup plus de kilomètres, la météo n’était pas favorable… Généralement, on rentrait tard, de nuit, dans le froid et sous la pluie. La première partie, les spéciales étaient très longues, dans le sable, avec beaucoup de cailloux et une deuxième partie avec plus de dunes. Donc on a tout eux !

Et bien sûr des concurrents qui voulaient m’empêcher de faire le doublé et c’est bien normal ! Une belle bagarre France-Argentine. En plus, mes principaux rivaux argentins étaient en confiance après leur victoire à la coupe du Monde de football, donc j’avais à cœur de leur montrer que la France était toujours là, encore plus avec le nom que je porte (rires).

Avez-vous eu peur, des frayeurs pendant cette édition ?

Une fois oui, trois jours avant l’arrivée. J’ai eu un petit problème mécanique. Il a fallu que je gère ma monture pour rallier le bivouac. A ce moment-là, on se dit qu’il faut tout donner, on est là pour ça. Il y a des gens qui me suivent et qui me soutiennent toute l’année. Je soutiens également une association pour les enfants malades à qui je reverse de l’argent et je veux leur montrer qu’il faut se battre, peu importe ce qu’il se passe. On a bien cru que le Dakar allait s’arrêter à ce moment-là, mais c’est passé et on a géré les deux derniers jours. Je m’en souviendrai longtemps.

Comment, dans ces moments-là, on gère ses émotions alors que l’on est peut-être en train de passer à côté de la victoire finale ?

Je travaille beaucoup avec une préparatrice cérébrale, qui officie dans beaucoup de sports, à très haut niveau. Elle m’a beaucoup apporté. Il faut apprendre à rester lucide, accueillir ce qu’il se passe en essayant de comprendre comment résoudre ce problème, en donnant le meilleur de moi-même, pour ne pas avoir de regrets. Bien sûr, c’est plus facile à dire qu’à mettre en place. Il y a aussi un vrai travail sur la respiration.

Après ce doublé, on se pose tous la question : allez-vous repartir l’an prochain pour tenter de décrocher un troisième Dakar en trois ans, ce qui n’a jamais été fait ?

Seulement deux pilotes ont gagné trois Dakar, mais pas de suite. Donc forcément, je vais être honnête, j’y pense. J’ai du mal à croire que je ne serai pas au prochain Dakar. Maintenant, j’essaye de profiter de ces moments-là. Je suis revenu il y a quelques jours seulement. Je veux passer du temps avec ma famille, mes proches. Peu de monde a la chance de gagner un Dakar, même d’y participer. C’est beaucoup de sacrifices. Donc je veux profiter de tout le monde avant de penser à la suite, même si j’ai déjà des idées dans un coin de ma tête. 

Par Baptiste Berthelin

Crédit photo : Facebook Alexandre Giroud